Grands linéaires, grands volumes de données, grande rigueur nécessaire !

Qu’est-ce qu’une opération d’identification des Points Noirs du Bruit ferroviaires (PNBf) ?
train sncf

En tant que gestionnaire d’infrastructures, SNCF Réseau, appuyé financièrement par l’Etat dans le cadre du dispositif France Relance, a l’ambition d’améliorer la situation des riverains les plus touchés par le bruit ferroviaire, qui sont en situation de PNBf. Un programme de résorption des points noirs du bruit ferroviaire a été intégré au dispositif France Relance pour la période 2020-2025 pour une enveloppe de 120 millions d’euros, couvrant le coût des études et surtout des travaux d’insonorisation.

Des appels d’offres ont été lancés, pour dans un premier temps la phase d’identification de ces PNBf, préalable à toute opération de travaux visant à les résorber. Les linéaires concernés sont généralement relativement grands – plusieurs dizaines de kilomètres pour un appel d’offres départemental à plusieurs centaines de kilomètres pour un appel d’offres régional ; et les lignes ferroviaires étudiées peuvent parfois traverser des zones très urbanisées.

La première étape des études acoustiques consiste donc à identifier les PNBf, qui pour l’essentiel sont des logements et qui doivent satisfaire à deux critères cumulatifs : être exposés au-delà de certains seuils de niveaux sonores diurnes ou nocturnes et bénéficier de l’antériorité par rapport à l’infrastructure.

Pour être identifié PNB, les bâtiments doivent répondre à trois critères :

  • Acoustique : être exposé sur une façade non aveugle à un niveau sonore « moyen » d’au moins LAeq(6h-22h) = 73 dB(A) le jour et/ou LAeq(22h-6h) = 68 dB(A) la nuit (22h-6h) et/ou Lden =73 dB(A). Ces niveaux d’exposition sont calculés pour le trafic actuel (situation actuelle) et pour le trafic futur (situation future) sur la base d’hypothèses d’évolution du trafic ferroviaire.
  • Destination : le bâtiment doit être dit “sensible” c’est-à-dire à usage d’habitation, de soins, de santé, d’action sociale, ou d’enseignement.
  • Antériorité : le bâtiment doit respecter l’un des critères suivants :
    • Les locaux d’habitation dont la date d’autorisation de construire est antérieure au 6 octobre 1978.
    • Les locaux d’habitation dont la date d’autorisation de construire est postérieure au 6 octobre 1978 tout en étant antérieure à la date d’entrée en vigueur l’arrêté préfectoral de classement sonore de la voie ferrée sur le périmètre de la commune concernée.
  • Les locaux des établissements d’enseignement, de soins, de santé ou d’action sociale dont la date d’autorisation de construire est antérieure à la date d’entrée en vigueur de l’arrêté préfectoral de classement sonore de la voie ferrée sur le périmètre de la commune concernée pris en application de l’article L.571-10 du code de l’environnement.

Les compétences requises pour le bureau d’études acoustique sont les suivantes :

  1. La mesure : des points de mesures répartis sur le linéaire étudié permettent d’établir une référence pour la comparaison au modèle informatique qui sera la base de la généralisation du diagnostic acoustique à tout le linéaire. Mesurer n’est pas si compliqué, mais le post-traitement de ces mesures nécessite des techniques pointues d’identification des types de trains qui sont passés devant le sonomètre.
  2. La modélisation : elle a pour objectif de déterminer l’exposition sonore de tous les bâtiments dans un fuseau prédéterminé, de part et d’autre de l’infrastructure. Pour ce qu’on appelle le calage du modèle, des comparaisons sont faites avec les valeurs mesurées et le paramétrage du modèle est affiné pour une bonne comparaison calculs/mesures.
  3. L’analyse de l’antériorité : le bâtiment existait-il avant une certaine date ? C’est à la fois un travail de recherche sur le terrain et d’interrogation de base de données qui permet de statuer sur ce critère d’antériorité.

À ce stade de l’étude, plusieurs centaines de bâtiments ont été caractérisés ; certains sont confirmés en tant que PNBf, donc éligibles à des travaux, si l’isolation actuelle des façades n’est pas suffisante, les autres ne le sont pas.

Ceci n’est qu’une première étape, puisque le but ultime, pour le gestionnaire de l’infrastructure qui va devoir co-financer les travaux de résorption, est de disposer d’un plan d’action précis, par bâtiment, argumenté et évalué financièrement.

L’étape suivante consiste donc à étudier les solutions envisageables pour la résorption des PNBf, en mettant en balance le traitement dit « à la source », c’est à dire via des écrans acoustiques, et le traitement des façades via – essentiellement – le remplacement des menuiseries qui le nécessitent. Ceci requiert de descendre à un niveau de détail des données excessivement fin, jusqu’à la menuiserie elle-même. De nouveaux calculs sont lancés et divers scénarios sont comparés :

  • Quel résultat obtient-on si on dispose des écrans acoustiques, de différentes longueurs et hauteurs et pour quel coût ?
  • Quelle alternative peut-on envisager si le ratio coût/bénéfice des écrans n’est pas bon ? Des écrans plus modestes et donc moins onéreux, combinés à des isolations de façade ? Pas d’écrans et uniquement des isolations de façades ?

Le bureau d’études acoustique doit rendre compte d’une manière lisible des résultats et analyses, rappelons-le encore une fois, sur des linéaires très grands et avec un nombre de bâtiments très élevé, pour lesquels il va présenter les résultats « à la menuiserie » et ce pour chaque scénario envisagé.

L’enjeu est bien entendu technique – il s’agit pour le gestionnaire d’affecter les finances de la manière la plus optimale qui soit – mais également de communication ; parvenir à synthétiser une telle masse de données et de résultats pour une parfaite compréhension du lecteur est un véritable challenge.

La nécessité pour le bureau d’études acoustique de disposer de compétences acoustiques ne se discute pas. Mais sur ce type d’opérations, ce qui fait la différence c’est la capacité à traiter, organiser et mettre en relation cette immense base de données qui porte l’ensemble des renseignements nécessaires à l’étude. Bien sûr pour l’efficacité du travail du BE acoustique mais surtout pour la valeur apportée au client. Disposer d’une base de données solidement construite, avec les bons niveaux de relation, présente de nombreuses vertus (liste non exhaustive…) :

  • La traçabilité de l’ensemble des informations ;
  • La facilité de recoupement entre les données ;
  • La facilité des éditions, sous forme de simples tableaux ou de cartographies de type SIG ;
  • La facilité de faire des analyses à différents niveaux de détail (de la façade, au bâtiment, à la commune, au département, à la région) ;
  • La facilité de générer des documents de synthèse et de les adapter autant que nécessaires, sans que cela ne requière des modifications en cascade et en profondeur ;
  • Etc.

Peut-être est-il difficile de visualiser ce dont nous sommes en train de parler. Alors donnons quelques éléments :

  • Un seul fichier pour : mesures, relevés sur site des ouvrants, antériorité, niveaux sonores par ouvrants et par façade, type de bâtiment, confirmation du critère PNB, analyse des scénarios de traitement par isolation de façade ou par écrans, édition des tableaux, éditions des cartes de synthèse et de détail, génération des rapports, etc.
  • La génération de dizaines de rapports ne prend plus que quelques jours ou semaines, au lieu de mois à défaut d’une telle structuration des données.
  • La base de données contient plus de 150 lignes dans le schéma fonctionnel des données, soit plus de 150 renseignements qui peuvent être croisés pour l’analyse.

En quoi cela apporte-t-il de la valeur pour les clients ? Tout simplement, si le prestataire est en capacité de garantir la traçabilité de tous les renseignements et de répondre à l’ensemble des demandes du client, sans la moindre difficulté, celui-ci et son client vivent mutuellement une expérience confortable et satisfaisante.

Client satisfait, prestataire heureux.

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