L’acoustique : Gérer des ambiances plutôt que respecter des réglementations

jeu. 11 mars 2021

Il n’est point besoin de rappeler l’évolution de la prise en compte de l’acoustique de ces dernières décennies, vous l’avez tous en tête, elle a été fulgurante et elle est encore inachevée.

Fulgurante, car, hier l’acoustique était une discipline ignorée, aujourd’hui (presque) tous les projets de bâtiments, (presque) tous les espaces où nous vivons et travaillons font l’objet d’obligations réglementaires acoustiques.

Inachevée car, encore, plus de 80% des Français considèrent le bruit comme une des nuisance principales.

Inachevée car traiter la dimension acoustique sous son seul aspect réglementaire c’est ignorer sa dimension fondamentale.

Pour exprimer ce concept, l’état d’évolution de la prise en compte de l’acoustique, j’aime bien utiliser une analogie maladroite (comme toutes les analogies) et je me permets de vous la livrer ici. Projetons-nous sur une représentation de la vie de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs : en ce temps-là, point d’habitat. Et, en grande simplification, schématisons : comment sont apparus les premiers habitats (les cabanes en torchis, …) et quelle était leur fonction ? En ce temps-là, l’habitat avait une vocation protectrice : le vent, la pluie, le froid. Simultanément les autres dimensions du bâtiment sont apparues et les langages architecturaux se sont construit, principalement, sur les constructions collectives et publiques. Mais l’habitat de base est longtemps resté à vocation privilégiée de protection vis-à-vis de l’environnement extérieur.

Aujourd’hui, qui de nous, quand il choisit son logement, se préoccupe de choisir celui qui le protègera le mieux vis-à-vis de l’environnement extérieur ? (tu vois, chérie, cette maison-là, je crois qu’elle nous protègera mieux de la pluie que celle-ci…) je crois ne pas trop m’avancer en disant : personne. Cette préoccupation n’est plus dimensionnante.

Or que gère la réglementation acoustique et cela dans la plupart de ces aspects ? la protection vis-à-vis d’un phénomène de notre environnement : le bruit, la nuisance.

La réglementation acoustique c’est un peu la préhistoire ! la préhistoire c’est incontournable dans une évolution de civilisation, mais c’est le début, ce n’est pas l’aboutissement. Cette étape a été fulgurante, réjouissons-nous en, on peut, maintenant, passer à mieux.

Qu’on soit usager d’un bâtiment public, de travail, d’enseignement, de logement, ce à quoi on est sensible, ce n’est pas au fait d’être protégé, c’est aux ambiances et aux fonctions.

Les ambiances : ce qu’on perçoit, c’est-à-dire ce qu’on voit, ce qu’on sent, ce qu’on touche et évidemment ce qu’on entend !

On reconnait les espaces que l’on traverse et on s’y repère grâce à notre ouïe ! on se sent bien ou on se sent mal dans un espace en fonction de son ambiance sonore ! on identifie et on mémorise les ambiances sonores et elles sont une des clés de notre ouverture au monde (ha le fond sonore de la plaça reial à Barcelone !).

L’acousticien d’aujourd’hui gère les ambiances sonores et la qualité sonore des projets, il est sorti du seul respect des objectifs réglementaires.

Construire suppose des programmes, des définitions de besoin, des cahiers des charges. Pour que nos projets aillent au-delà du seul respect réglementaire, pour que nos projets sortent de la préhistoire de l’acoustique, commençons par introduire dans la programmation des notions plus subtiles, intéressons-nous, dès la programmation à ce que l’on veut que les bâtiments nous disent : l’architecture se lit, l’acoustique s’écoute !

Triangle
Chantiers Bâtiment

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