Chantier Bois : Attention à la mise en œuvre !

Chez Gamba, nous travaillons régulièrement avec les ingénieurs Structure et les charpentiers pour bien comprendre les enjeux structurels, ainsi que les modes de montage et de fixation des ouvrages, mais aussi pour échanger sur nos contraintes respectives : la désolidarisation d’accord, mais à la fin, il faut que ça tienne debout !

mar. 6 septembre 2022

Les constructions en bois demandent un suivi acoustique spécifique pendant les travaux. En effet, le bois est un matériau « vivant », sensible aux variations de température et d’hygrométrie, même si les techniques d’assemblage en lamellé-collé ou CLT (Cross Laminated Timber) permettent de stabiliser ses caractéristiques.

Les variations de densité, les flèches, désaffleurements ou écarts dimensionnels exercent une influence sur le comportement acoustique des systèmes constructifs. Il est donc important, d’une part, de bien caractériser les propriétés des poutres, panneaux, planchers, menuiseries et autres ouvrages, ainsi que leurs modes de mise en œuvre. Mais, il est également important de faire appel à des entreprises qualifiées (tout au long de la filière) et sensibilisées à l’importance d’une mise en œuvre soignée.

Mariage « Bois/ Béton » Le grand écart ?

Les écarts dimensionnels, faux-aplombs et autres défauts de mise en œuvre nuisent à l’étanchéité aux raccords entre murs ou planchers en bois (entre eux ou avec les autres lots) et peuvent être à l’origine de non-conformités sur les performances d’isolement.
Photo 1 : Défaut d’étanchéité au raccord voile béton/façade CLT. Une reprise d’étanchéité est nécessaire avant mise en œuvre des doublages.

Photo 1 : Défaut d’étanchéité au raccord voile béton/façade CLT. Une reprise d’étanchéité est nécessaire avant mise en œuvre des doublages.

Les défauts de raccords sont problématiques également pour l’étanchéité à l’air et la sécurité Incendie. Les solutions à mettre en œuvre peuvent être complémentaires (une tresse coupe-feu présente une performance acoustique intéressante) ou pas : la membrane d’étanchéité est trop légère pour être efficace acoustiquement. Les mousses polyuréthanes rigides sont totalement déconseillées pour une acoustique de qualité, pourtant elles sont couramment utilisées en chantier. Il existe certaines mousses qui restent souples après séchage et par conséquent présentent des qualités acoustiques intéressantes.


Pas assez de liaisons = défauts d’étanchéité ! Trop de liaisons = transmissions solidiennes !

Il est souvent nécessaire de désolidariser les éléments tels que les planchers Bois entre deux logements, par la mise en œuvre de bandes résilientes ou de plots en élastomère. Pour autant, l’espace laissé entre les panneaux de planchers ou les poutres doit être comblé par un matériau souple pour ne pas créer une fuite acoustique.

Photo 2 : Jours visibles entre les planchers en CLT et les poutres. Photo 3 :  rebouchement plein et étanche à réaliser à la traversée du plancher par une descente d’eau.

Photo 2 : Jours visibles entre les planchers en CLT et les poutres. Photo 3 : rebouchement plein et étanche à réaliser à la traversée du plancher par une descente d’eau.

De plus, un vide « oublié » risquerait d’être comblé lors du coulage de la chape par le mortier, créant ainsi un joli « pont phonique » entre le plancher et la poutre et réduisant ainsi à néant (ou presque) l’efficacité de la désolidarisation.

Photo 4 : Désaffleurement entre un plancher béton et un plancher bois avant réalisation d’une chape sur résilient : risque de fissuration de la chape

Photo 4 : Désaffleurement entre un plancher béton et un plancher bois avant réalisation d’une chape sur résilient : risque de fissuration de la chape

L’efficacité acoustiques des systèmes constructifs en bois est basée sur le principe « masse/ressort/ masse », le « ressort » étant constitué par une sous-couche résiliente (laine minérale, caoutchouc, matériau élastomère ou autre matériau présentant une certaine souplesse).

À chaque liaison rigide, le « ressort » est court-circuité et la performance de l’ensemble du système, fortement réduite.

Pour autant, « il faut bien que ça tienne ! » et les liaisons mécaniques, nécessaires à la descente des charges, au contreventement, à la stabilité des éléments structurels et du bâtiment dans son ensemble doivent être mise en œuvre.

Photo 5 : Plots élastomères (en vert) permettant la désolidarisation d’une construction modulaire

Photo 5 : Plots élastomères (en vert) permettant la désolidarisation d’une construction modulaire

Même s’il existe des solutions techniques permettant à la fois les liaisons structurelles et la désolidarisation, les contraintes de délais, de coûts et, plus généralement, de facilité de mise en œuvre nécessitent des compromis entre la désolidarisation acoustique et la jonction mécanique rigide.

Pour dimensionner le plus précisément possible les systèmes constructifs et mettre en œuvre les liaisons les plus optimisées, des outils de calculs existent, ainsi que des méthodes spécifiques de mesures (voir notre article sur le sujet). Des expérimentations - telle que la maquette ADIVBOIS - sont menées pour mieux cerner les performances des constructions légères et étudier les transmissions latérales et les transmissions via les éléments bois porteurs poteaux et poutres et permettent également de tester certains modes de mise en œuvre.

O.Servonnat

Bâtiment

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