[TÉMOIGNAGE] Retour sur l'accompagnement de Safran Helicopter Engines

Michael Zindani, Responsable du pôle Sécurité et Excellence Opérationnelle chez Safran Helicopter Engines, nous parle de l'anticipation dans les projets comme vecteur de progrès et d'amélioration des conditions de travail.

jeu. 7 octobre 2021
M. Zindani, comment décririez-vous les activités de Safran Helicopter Engines ?

Safran Helicopter Engines est concepteur et fabricant, réparateur de turbines d'hélicoptères, ce qui représente un grand nombre de métiers différents - métallurgie, usinage, traitements de surface, assemblage, tests moteurs sur bancs d'essais et donc des conditions de travail et des expositions sonores des salariés très variées.

À quelles occasions faites-vous appel à la compétence acoustique ?

Comme tous les industriels, nous avons des besoins à des niveaux différents. Le premier - et le plus simple - est de satisfaire à nos obligations de contrôle réglementaire - dosimétrie du niveau d'exposition quotidien des salariés par exemple. Le second est celui de la réflexion autour des solutions à mettre en œuvre pour traiter des situations problématiques - typiquement une exposition des salariés avec un Lex,8h supérieur à 85 dB(A) ; là nous faisons appel au bureau d'études en acoustique qui va travailler avec nous sur les solutions pour trouver le meilleur compromis entre les contraintes techniques (dont l’ergonomie) et les contraintes financières. Enfin, et c'est celui qui me tient le plus à coeur, le besoin d'accompagnement très en amont dans les projets, dès les premiers stades de la conception, qu'il s'agisse de la construction de nouveaux bâtiments ou l'implantation de nouveaux moyens de production ; je citerais notamment le projet CAP 2020, porté par un de nos chefs de projet très concerné par la notion d'anticipation, qui a su monter une équipe autour de la réflexion programmatique sur l'ensemble des sujets, dont l'acoustique avec Gamba. Je dois dire que cela a été une expérience très valorisante et un vrai succès, avec des partenaires sérieux, compétents et réactifs.

À votre avis, quel est le moteur dans l'entreprise pour impulser une politique volontariste en matière de protection des salariés ? Le responsable HSE ne se sent-il pas parfois un peu seul, entre les contraintes de production et les contraintes budgétaires ?

Tout d'abord, il ne faut jamais opposer production et prévention, les deux sont indispensables et indissociables. Mais il est vrai que ces deux objectifs ne peuvent vivre ensemble que si la direction fait preuve d'une volonté de fer et donne le cadre et les moyens. C'est ensuite au responsable HSE de conduire l'animation au quotidien et de donner les impulsions pour que la volonté se traduise en actes et en avancées significatives. C'est comme cela que ça se passe chez Safran Helicopter Engines.

Quel regard posez-vous sur la portée des messages de prévention-santé vis à vis du bruit en entreprise ? Après quelques décennies, sont-ils mieux entendus que par le passé, notamment dans les services d'ingénierie ?

Il est vrai que pendant trop d'années, le message qui a dominé était celui du port des protections individuelles contre le bruit, en occultant celui des protections collectives. Chez Safran Helicopter Engines, la règle du jeu est claire : dans tout processus de changement, les contraintes relatives à la sécurité et aux conditions de travail doivent être intégrées en amont et les chefs de projet sont formés et sensibilisés à ces aspects. Ils font remonter cette culture jusque chez nos fournisseurs qui doivent eux-aussi être acteurs de l'effort d'amélioration - il nous arrive d'ailleurs de leur demander de faire appel à des bureaux d'études comme Gamba pour les aider à intégrer les opportunités acoustiques en conception de leurs équipements.

Mais pour en revenir à votre question, les messages de prévention sur les affiches dans les ateliers doivent être relayés au quotidien et traduits en actes, sinon, c'est de la déco !

La perte de productivité liée au bruit dans le milieu du travail a été évaluée à environ 11 milliards d'Euros par an en France. Pensez-vous que la publication récente de ce chiffre par l'ADEME soit de nature à renforcer de manière significative la motivation (des employeurs en général) à mettre en place une démarche active en matière de limitation du bruit ?

Je crois que pour l'essentiel, les employeurs ont bien intégré le fait que l'investissement dans la prévention est un investissement tout court, qui est indispensable à la fois à la protection des salariés et à la pérennité de l'entreprise. Mais même si selon l'adage bien connu "un Euro investi dans la prévention c'est deux Euros d'économisés", il est vrai qu'il est difficile, d'évaluer le retour sur investissement précis sur des actions unitaires . Chez Safran Helicopter Engines, la question ne se pose pas vraiment en ces termes, l'aspect santé-sécurité-environnement doit être intégré tout simplement . Mais pour des entreprises de plus petite taille, la question se pose probablement davantage en termes de possibilités de financement que de volonté initiale.

Le groupe Safran a recours aux services de groupe Gamba depuis de nombreuses années. Finalement, qu'est-ce qui constitue pour vous la plus-value la plus intéressante d'un BE acoustique ?

Incontestablement la capacité à dénouer les situations complexes et à nous permettre à nous, industriel, de prendre les meilleures décisions possibles, le plus en amont possible, avec le souci du "cost-effective", c'est à dire la meilleure efficacité pour le moindre coût, en toute indépendance vis à vis des prescriptions faites. Et nous avons trouvé chez Gamba les compétences de simulations et une grande expérience du terrain industriel, qui font que nous réussirons à aller au bout de nos sujets.

Triangle
Industrie

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