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Profitons de cette période particulière et écoutons ce qui se passe dehors

Une initiative des collaborateurs du Groupe GAMBA pendant cette période de confinement

mer. 13 mai 2020

La fin de la période de confinement approche et déjà, notre environnement sonore redevient celui qu’il était il y a 2 mois… reprise de la circulation, des chantiers, de la vie en extérieur. Nous avons tous noté que durant cette parenthèse un changement d’ambiance sonore s’opérait : présence plus importante des bruits naturels (oiseaux, vent dans les feuilles, …) mise en avant de tous les événements sonores ponctuels, même ceux que nous n'aurions jamais noté auparavant. Nous avons tous pu être sensibles à une musique du quotidien différente de celle que nous avions l’habitude d’entendre et que nous n’écoutions plus.

Au début des années 50, le compositeur John Cage a souhaité mettre en avant cette musique de l’instant en donnant à entendre à son public une pièce musicale ne comprenant aucune note, juste le fond sonore au moment de l’interprétation. Afin de nous souvenir de cette période particulière que nous venons de traverser, différents membres de l’équipe du groupe Gamba ont enregistré leur propre interprétation de cette pièce, et noté en commentaire leurs impressions sur l’environnement sonore dans lequel ils ont évolués durant les deux derniers mois, en télétravaillant depuis leurs logements.

Découvrez au fil des jours les enregistrements de nos collaborateurs et l'interprétation de leur environnement sonore à travers le billet d'humeur qui les accompagne.

#Enregistrement 1 - Réalisé par Olivier Letourneur.

"En fin de journée, au fond de mon jardin, le ronronnement des voies rapides au loin et le bruit intermittent des avions ayant cessé, je peux entendre les oiseaux, les poules grattant le sol, les discussions, au loin, des personnes âgées des « senioriales » voisines (et même le démarrage d’un véhicule, une fois la visite terminée). Mon chat, Bob Dylan (oui c’est son nom) se demande ce que je peux bien faire perché sur la balançoire, à l’affut des bruits de SON environnement… il n’y a rien de particulier pour lui. Il sait déjà repérer les oiseaux dans le brouhaha habituel"


#Enregistrement 2 - Réalisé par Olivier Servonnat.

" « Dites-donc, c’est sensible votre truc ! »
C’est la remarque que m’avait faite un riverain d’une salle de spectacles, chez qui je faisais des mesures de bruit résiduel (bruit de fond) et à qui je demandais de rester silencieux. Bien sûr, il s’éloignait de quelques pas et continuait de discuter- mais à voix basse- avec son voisin. J’insistais :« Excusez-moi, mais il faut vraiment rester silencieux …» .
Oui, le « truc » - le microphone du sonomètre- est sensible, mais moins que l’oreille. Et la notion de silence est relative à chacun et à chaque environnement. En fermant la fenêtre nouvellement remplacée de l’appartement d’un grand boulevard urbain, lorsque le voisin arrête sa tondeuse après une heure d’allées et venues ininterrompues, lors d’une sortie en montagne, avec, au loin, la rumeur de la vallée… chacun de nous apprécie ces moments de « silence », qui sont, bien souvent, l’absence du bruit des autres.
Pour ceux qui ont testé l’ambiance sonore du fin fond d’une grotte, lors d’une sortie spéléo, ou d’une chambre anéchoïque, après la fermeture de la double-porte, le silence, alors seulement rythmé par les battements de notre propre circulation sanguine, peut devenir angoissant. Et on peut imaginer qu’un silence absolu, pour peu qu’il puisse être entendu, serait rapidement insupportable pour n’importe qui.
"Les Chinois ont inventé le supplice de la goutte d'eau, les Français celui du silence." écrit Henri Charrière (dit « Papillon », rescapé du bagne à Cayenne). De même, cette vieille dame qui venait d’emménager dans un logement neuf, parfaitement isolé, regrettait son ancien logement, en disant : « J’entends plus rien, ça me fait peur…». Le silence, s’il n’est pas désiré, est parfois synonyme d’isolement (plus que d’isolation !), voire de solitude.
Et en enregistrant mes cinq minutes « silencieuses », je n’ai moi-même pas pu m’empêcher de tapoter sur le clavier et de cliquer sur la souris de l’ordinateur, avec en fond sonore, le chant des oiseaux par la fenêtre entr’ouverte. L’harmonie, plutôt que le silence…"


#Enregistrement 3 - Réalisé par Emmanuel SOULIE.

" Nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne… là, j’ai l’impression de vivre dans un chantier, avec mes enfants… tout en travaillant. Nous attendons les jours fériés avec impatience… "

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